Depuis quelques années, il est possible de choisir en Seconde l'enseignement d'exploration Littérature et Société. C'est ce que nous avons fait, parce que cette option pouvait nous permettre de choisir une série littéraire par la suite, et nous aider à préparer le bac de français.
Nous allons vous parler des thèmes étudiés cette année, ainsi que des méthodes de travail.
Le livre dans tous ses états
L'année a commencé par l'étude du livre en lui-même.
Dans un premier temps, nous avons observé la couverture de plusieurs ouvrages (romans et livres scolaires) et les indications contenues dans ce qu’on appelle la première et la quatrième de couverture, mais aussi la deuxième et la troisième, à l’intérieur du livre.

Nous avons étudié ensuite la « chaîne du livre », de l'auteur au lecteur en passant par l’éditeur, le diffuseur et le libraire.
Cette partie de la leçon a été d'ailleurs très intéressante puisqu'elle nous a appris toutes les étapes nécessaires pour arriver à éditer un livre, c'est-à-dire le parcours depuis le cerveau de l'auteur, jusqu'à la vente du livre en librairie.
À travers cette étude, nous avons découvert de nouveaux métiers tels que l'éditeur, le maquettiste, l'imprimeur et le diffuseur et l’importance du droit d’auteur avec le copyright.
Nous avons ensuite retracé l’historique du livre, du papyrus au livre numérique, en passant par le parchemin et le livre papier.


En ce qui concerne les méthodes de travail, pour cette leçon, des travaux ont été présentés sous forme d'exposés oraux par les élèves, seul ou en binôme, devant l'ensemble de la classe. C'est à la fois une évaluation et un entraînement pour l'épreuve orale du baccalauréat.
Nous avons notamment approfondi le sujet d'un exposé : « Faut-il avoir peur du numérique ? » avec l’arrivée des tablettes et des liseuses qui révolutionnent aussi bien les habitudes de lecture que les circuits commerciaux (librairies menacées).
Quant à la méthode d'évaluation, c'est à partir d'un support audio, ainsi que d'un article de journal, seulement lu par le professeur, que les élèves devaient, grâce à leur prise de notes, rédiger un commentaire.

Les principaux sujets sur lesquels nous sommes passés à l'oral ont été :
- Les grands éditeurs français
- Gallimard
- Qu’est-ce qu’un best-seller ?
- Les grands prix littéraires
- Le plagiat et le droit d’auteur
- L’adaptation des œuvres littéraires au cinéma
- Comment les écrivains français gagnent leur vie ?
- La littérature de genre
- Les stratégies littéraires pour se faire publier
- Le travail du maquettiste et de l’imprimeur

De l'utopie à la dystopie
Nous avons consacré le reste de l'année à l'étude de l'utopie et de la dystopie.

Nous avons d'abord lu la célèbre dystopie de Ray Bradbury, Fahrenheit 451, dont nous vous proposons un résumé en fin d’article. Nous avons étudié ce roman sous différentes formes. Dans un premier temps, nous avons analysé quelques extraits du livre afin de repérer tous les détails.
Dans un second temps, nous avons visionné son adaptation cinématographique par le réalisateur français François Truffaut.
La dernière étape de cette étude a été de comparer le livre et son adaptation cinématographique à l'aide d'un tableau de comparaison comportant les avantages et les inconvénients en fonction des ajouts, des omissions et des changements opérés par le réalisateur par rapport au roman. Ce tableau récapitulatif nous a conduits à un commentaire dont le but était de comparer le film et le livre et de donner son opinion personnelle.
Ensuite, nous avons étudié l’utopie.

Après avoir analysé les caractéristiques de ce genre littéraire et parlé de l'Atlantide décrite dans le Critias et le Timée de Platon, nous avons lu et commenté des extraits de l’Utopie de Thomas More et le passage de l’abbaye de Thélème dans le Gargantua de Rabelais.


Nous avons aussi lu Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley (cf résumé en fin d’article) et certains d’entre nous ont rédigé soit une utopie, soit une contre-utopie (récit de deux pages environ).
La préciosité
Enfin, nous avons terminé l’année par une présentation de la Préciosité, un mouvement littéraire important sur le plan sociologique, qui a influencé profondément les auteurs classiques du XVIIème siècle. À ce propos, nous avons découvert les salons précieux, la création d’un nouveau vocabulaire amoureux et littéraire et les méandres de la Carte de Tendre.

Conclusion
En bref, cette option nous a appris à mieux nous exprimer à l'oral et à l'écrit grâce à de nombreux entraînements. De plus, cet enseignement d'exploration nous a permis d'avoir le temps d’étudier le livre dans sa totalité, de découvrir de nouveaux genres littéraires, et de rencontrer de grands écrivains, sur le papier, mais aussi en chair et en os, avec la venue d’Hervé Jubert (cf article sur le site).

Résumé de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury
Première partie : Le Foyer et la Salamandre.
Dans un futur indéterminé, Montag est un « pompier » dont le travail est de brûler toutes les œuvres écrites. Lui et son escouade pyromane parcourent la ville à la recherche de toutes les bibliothèques illégales, et ont pour ordre strict d’en faire un autodafé. Le monde de Montag est un monde où posséder un livre, voire simplement lire une œuvre écrite, sont devenus des crimes. La littérature, répudiée par la société, n’existe plus.
Jusque-là pleinement satisfait de son travail, Montag va un jour décider de soustraire des livres à leur destruction promise et de les lire. Il décide de cacher les œuvres chez lui. Une nuit, en revenant de son travail, il rencontre une jeune fille. Elle s'appelle Clarisse McClellan, et a 17 ans. Elle est l'opposée en tous points de l'épouse de Montag, Mildred, endoctrinée par la propagande télévisée.
Deuxième partie : Le Tamis et le Sable.
Découvrant les livres, il part à la recherche d'une vieille connaissance qu'il n'a jamais dénoncée. Il s'agit de Faber, un vieux professeur d'anglais retraité, licencié par manque d'élèves et de crédits. Une discussion a lieu entre les deux hommes, Montag proposant à Faber de réimprimer des livres. Finalement, Faber lui donnera une puce qui, introduite dans son oreille, lui permettra de communiquer avec lui en toute discrétion. Le but est de découvrir les points faibles de l’univers des pompiers, et surtout du capitaine Beatty, le supérieur hiérarchique de Montag.
Troisième partie : L' Éclat de la Flamme.
Faber envoie Montag en mission de reconnaissance, mais Montag se fait démasquer et finit par brûler Beatty, lors d’une mission qui visait la maison même de Montag. En effet, sa femme Mildred, avant de le quitter, avait averti les autorités de la présence de livres chez elle. Montag devient alors un dangereux criminel et il est traqué sans merci par cette société au bord de la guerre. Il est alors poursuivi par le Limier.
Le limier-robot est une machine qui ressemble à un chien-abeille avec ses huit pattes et sa trompe de laquelle sort un dard qui injecte des doses massives de morphine et de procaïne. Grâce à un ingénieux tour de passe-passe et surtout avec une chance incroyable, Montag parvient à s'échapper de la ville et se laisse porter le long du fleuve pour rencontrer les membres d'une communauté itinérante composée de vieux diplômés de Harvard qui habitent sur les routes, le long d’un vieux chemin de fer rouillé. Ils ont chacun appris un livre par cœur afin de le sauver de l'oubli auquel il était promis.
Finalement, la guerre éclate et Montag voit la ville détruite, lui donnant la chance d’un nouveau départ.
Résumé du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley :
L'histoire débute à Londres, en l’ « an 632 de Notre Ford ». Dans le monde décrit par l'auteur, l'immense majorité des êtres humains vivent au sein de l'État Mondial. Seul, un nombre limité de sauvages est regroupé dans des réserves.
Dans cette société, la reproduction sexuée telle qu'on la conçoit a totalement disparu ; les êtres humains sont tous créés en laboratoire, les fœtus y évoluent dans des flacons, et sont conditionnés. Les traitements que subissent les embryons au cours de leur développement déterminent leur future position dans la hiérarchie sociale. Cette technique permet de résoudre les problèmes liés au marché du travail en produisant un nombre précis de personnes pour chaque fonction de la société.
Une fois enfants, les jeunes humains reçoivent un enseignement qui les hypnotisent et les conditionne parfaitement durant leur sommeil. Les castes supérieures apprennent ainsi à mépriser sans remords les castes inférieures.
La société est rigoureusement séparée en cinq castes :
- Les castes supérieures :
Les Alpha en constituent l'élite dirigeante. Ils sont programmés pour être grands, beaux et intelligents.
Les Bêta forment une caste de travailleurs intelligents, conçus pour occuper des fonctions assez importantes.
- Les castes inférieures :
Les Gamma constituent la classe moyenne voire populaire.
Les Delta et les Epsilon forment enfin les castes les plus basses ; ils sont faits pour occuper les fonctions manuelles assez simples. Ils sont programmés pour être petits, laids.
Cette société rend tabou différents sujets : l'allusion à la maternité, à la famille ou encore au mariage font rougir de honte aussi bien les jeunes que les adultes. La sexualité y apparaît comme un simple loisir : chaque individu possède simultanément plusieurs partenaires, et la durée de chaque relation est extrêmement limitée. Chaque membre de la société est conditionné pour être un bon consommateur et contraint de participer à la vie sociale. La solitude est une attitude suspecte.
Tout le monde dans l'État mondial utilise du « Soma ». Le Soma est une substance apparemment sans danger qui peut, à forte dose, plonger celui qui en prend dans un sommeil paradisiaque. Cette substance est le secret de la cohésion de cette société : grâce à elle, chaque élément de la société est heureux et ne revendique rien. Les individus de toutes les castes se satisfont de leur statut par le double usage du conditionnement hypnotisant et du Soma.
Les humains qui ne vivent pas dans l'État Mondial sont parqués dans des « Réserves à Sauvages ». Ces sauvages perpétuent la reproduction vivipare et ont un mode de vie primitif.
La première partie du roman décrit la vie dans l'État Mondial et les personnalités de deux des personnages principaux : Bernard Marx et Lénina Crowne. Lénina est une jeune femme Bêta particulièrement belle, tandis que Bernard est une sorte de paria : même s'il est un Alpha, il est aussi petit qu'un Gamma. En outre, Bernard se trouve être un élément subversif de la société ; il déteste le Soma, il préfère « être lui-même et triste qu'une autre personne qui soit heureuse ». Bernard remet encore en cause les mœurs répandues dans l'État Mondial, la façon dont sont considérées les femmes, et en particulier Lénina : « comme de la viande ». Cette conduite étrange a fait naître une légende à son sujet : on aurait versé par erreur de l'alcool dans son « pseudo-sang » alors qu'il était encore un embryon.
On fait également la connaissance d'Helmholtz Watson, le meilleur ami de Bernard. C’est un Alp^ha plus comme Bernard mais il n'est pas un paria car il est grand et blond comme tous ceux de sa caste. Helmholtz lui aussi s'interroge et trouve que quelque chose manque à cette société, aussi formidable soit-elle : une personne héroïque suscitant l'admiration.
Dans les chapitres suivants, Bernard obtient un droit de passage pour lui-même et pour Lénina à destination d'une Réserve à Sauvages, au Nouveau-Mexique. Il présente ce voyage à Lénina comme un rendez-vous galant. Les habitants de la réserve se reproduisent naturellement et vivent dans un univers non-stérile, ce qui horrifie Lénina et fascine Bernard.
Le couple rencontre Linda, une femme qui vécut autrefois dans l'État Mondial et qui a donné naissance à un enfant, John. La plupart des résidents de la réserve sont illettrés et n'ont pas reçu d'éducation. John, cependant, a été éduqué par sa mère pendant qu'ils vivaient parmi les Sauvages. De plus, il a appris à lire et à penser dans le seul livre qu’il ait eu à sa disposition : les œuvres de Shakespeare.
John est fasciné par Bernard et Lénina, et il souhaite voir le monde d'où vient sa mère. Bernard accepte d'emmener Linda et John à Londres avec lui.
Pendant ce temps, le directeur de Centre dénonce verbalement, et devant tous les travailleurs , les choix de vie de Bernard. Cependant, dès que le Directeur finit sa tirade, Bernard se défend en lui présentant son propre fils, John, devant tous les membres du Centre réunis, pour la plus totale humiliation du Directeur. Cette révélation extraordinaire force le Directeur à démissionner immédiatement, vu la honte que représente le fait d'avoir un enfant.
Après ce retour à la société avec le « Sauvage », Bernard se sert de lui pour devenir populaire. Un soir, Bernard reçoit l'Archi-Chantre de Canterbury, mais quand il va chercher le « Sauvage » pour le montrer à sesinvités, celui-ci refuse de sortir, car John est épouvanté par l'État Mondial et les avances physiques de Lénina. L'Archi-Chantre est outré qu'on l'ait dérangé pour rien et la célébrité de Bernard disparaît. John rencontre Helmholtz , et devient vite ami avec lui.
Lorsque la mère de John, Linda, meurt, il pleure sa disparition, ce qui embarrasse les spectateurs présents, conditionnés pour être habitués à la mort. Devant leurs froides réaction, John se met en colère et devient violent. Peu après, il tente de dissuader des Deltas de prendre du Soma et jette des échantillons par la fenêtre, mais ces derniers répondent à ce sacrilège en l'attaquant alors que, contrairement à lui, ils ne savent pas se battre. La Police intervient et utilise du Soma sous forme de gaz pour calmer tout le monde, puis demande à John, Helmholtz et Bernard de les suivre, ces deux derniers étant présents au moment de la bagarre.
Bernard, Helmholtz et John se retrouvent devant Mustapha Menier, l'Administrateur Mondial. Une des discussions qui s'engagent entre Mustapha et John mène à la décision que John ne sera pas libéré et renvoyé chez lui. Bernard et Helmholtz sont respectivement envoyés en Islande et aux Malouines pour y vivre. Ce ne sont que deux des nombreuses îles réservées aux citoyens exilés de l'État Mondial.
Dans le dernier chapitre, John tente de s'isoler de la société en se réfugiant dans un phare ; cependant, il est dans l'impossibilité d'y vivre sans convoiter Lénina et il se punit systématiquement. Sa propre flagellation lui vaut la curiosité des médias. Il est véritablement harcelé par de nombreux visiteurs inhabitués au Sauvage. À la fin du roman, John attaque Lénina alors que celle-ci se joint aux curieux. Le matin, effrayé par ce qu'il a fait et dégoûté de lui-même, il se pend dans la cage d'escalier du phare. |