Elne PDF Imprimer Envoyer

Itinéraires romans

Elne, dominant la plaine, est paraît-il occupée par l'homme depuis le néolithique.

C'est la plus ancienne ville du Roussillon. Les civilisations successives y ont laissé leurs traces.

Elne a su préserver son esprit communautaire villageois, tout en développant une vie associative, riche et dynamique.

 

Elne et son histoire

Implantée sur un oppidum, la cité d’Elne domine la plaine du Roussillon. D’abord connue sous le nom d’Illiberis, elle joue un rôle prépondérant à l’époque pré-romaine. En 218 avant Jésus-Christ, Hannibal négocie son passage avec les chefs de la cité. Au IVème siècle, elle prend le nom de Castrum Helenae.
A l’arrivée des Wisigoths, un siège épiscopal est créé à Helna comme en témoigne le concile de Tolède de 599. Lors de l'invasion arabe (719), Elne est l’une des premières villes attaquées.
La cathédrale romane est consacrée en 1069. A la fin du XIII° siècle, la ville est prise, la cathédrale incendiée, la population qui s'y était réfugiée, massacrée par les troupes françaises de Philippe III le Hardi .
Après l'annexion du Roussillon par Louis XI les habitants d'Elne se révoltèrent en 1472. Elne, encore une fois assiégée, est conquise, et son capitaine, Bernat d'Oms, exécuté. Avec l'aide du Roussillon (1493), Elne réussit à réintégrer l'État Catalano-Aragonais. Quand Perpignan devient la capitale des comtes du Roussillon, Elne reste cité épiscopale, jusqu'en 1602.
En 1641, Elne devient française après le traité des Pyrénées. Ses remparts sont pratiquement tous détruits sur ordre de Louis XIV.
Depuis, la ville est devenue une bourgade agricole qui, malgré les destructions, garde témoignage de sa splendeur passée. Au XX° siècle, un sculpteur et un peintre laissent leur empreinte: Maillol et Terrus.

La cathédrale

Elle a été édifiée au XI° siècle; son plan est basilical: la nef et les deux bas-côtés sans transept se terminent par une abside et deux absidioles à voûte en cul de four. Une voûte en plein cintre a remplacé la couverture en bois d'origine. Les maçons romans ont incliné la face des piliers vers l'extérieur, pour accentuer les effets de la perspective. En plus, la corniche de la nef n'est pas horizontale: les arcs qui la portent s'élèvent au-dessus des grandes arcades lorsque l'on s'éloigne du choeur. La façade extérieure fut conçue symétrique. Dans le jardin des absides, la base d'un chevet gothique du XIV° siècle surgit, mais n'a jamais pu être terminé faute d'argent.

Le cloître d'Elne

elncloi2.jpg (17064 octets)Le cloître d'Elne, huit fois centenaire, est un des rares parmi les cloîtres du Roussillon, à être demeuré intact sans avoir été restauré.


Il est l'un des plus complets et des plus remarquables de notre région. C'est un des monuments des plus prestigieux et des plus chargés d'histoire.

Le cloître, dépendance de la cathédrale à laquelle il est adossé, est un quadrilatère irrégulier. Il permet de relier entre elles les salles capitulaires, la sacristie, le réfectoire et le vestiaire. Protégés du monde extérieur, les chanoines y pratiquaient la méditation.

Les galeries leur tenaient lieu de promenade de même que la lumière du jour qui baigne le jardin leur permettait de réaliser de divers travaux d'écriture (les salles n'étant pas pourvues d'électricité comme maintenant).

Les cloîtres ont toujours la forme d'un quadrilatère qui symbolise le paradis, les quatre galeries représentant les fleuves du paradis

La galerie SUD

Cette galerie est la plus ancienne (2ème moitié du XII ème). Elle est d'un pur style roman. Les sculpteurs se sont inspirés de différents thèmes pour la décoration des chapiteaux :

  • thème végétal : rangée de palmettes, feuilles d'acanthe, fleurs carrées de lotus.

  • thème animal : lions, bouquetins, oiseaux, poissons, paons.

  • thème fantastique : griffons (corps de lion et buste d' aigle), sirènes (vêtues de jupettes, au visage de femme)

  • le pilier central représente la scène du "Quo Vadis" tirée de la vie de Saint Pierre

  • sur l'un des chapiteaux nous voyons un thème de la génèse : la création d'Adam et Eve et le péché originel

Dans cette galerie, nous reconnaissons la sculpture romane : les personnages sont disproportionnés, leur vêtements schématiques aux plis tombants lourdement. Les yeux coulés de plomb, donnent au regard des personnages du volume et du style.

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La galerie OUEST

Exécutée au XIII ème siècle, elle est la copie plus ou moins réussie de la galerie sud. Dans les derniers chapiteaux on commence à voir le travail du détail et de la finesse de l'art gothique primitif. Sur le mur intérieur nous trouvons une série d'épitaphes et de pierres tombales dont une, en marbre blanc, porte la signature de Ramon Bianya. Nous pouvons remarquer les voûtes sur croisées d'ogives à nervures saillantes et retombées sur culs-de-lampe.

La galerie NORD

Cette galerie gothique date aussi du XIII ème siècle. Nous voyons apparaître des décorations inspirées de l'île de France. L'explosion de thèmes végétaux très naturalistes (feuille de lierre, de marronnier, de figuier, de chêne et de platane) en font un véritable herbier sur marbre. 
Nous retrouvons les paons que nous avons vu précédemment. Le deuxième pilier représente le martyre de Ste Eulalie, patronne de la ville d'Elne

 

 

La galerie EST

Construite au XIV ème siècle, c'est la galerie gothique par excellence, mais son architecture est restée proprement romane. Une place grandissante est donnée aux compositions historiées, illustrations et textes évangéliques, en particulier la petite enfance de Jésus : Annonciation, Visitation, Naissance de Jésus, Annonce faite aux bergers, les rois mages chez Hérode.
Sur le mur intérieur, aux retombées des arêtes de voûtes, par souci de finition nous voyons des tableautins représentant le chemin de croix. Celui-ci se termine dans la galerie sud.
Dans l'art gothique nous notons le souci du détail, de la mise en perspective.

Commencé dans la période d'épanouissement de l'art roman, continué tout le long de la période gothique, le cloître d'Elne rassemble à lui seul toute l'évolution de la sculpture médiévale du Roussillon. Aux quatre angles du cloître on trouvera les effigies des quatre évangélistes. Celles-ci tout comme certaines sculptures (becs de griffons) ont étés mutilées par les soldats de Napoléon. En effet celui-ci ayant arrêté ses troupes à Elne avait transformé le cloître en écurie.
Cet ensemble présente, malgré différentes étapes, une réelle unité due au fait que les arcatures romanes et le marbre blanc veiné de bleu aient été conservés durant la période gothique.

Les musées

Le musée Terrus

Etienne Terrus est né en septembre 1857 à Elne. Très jeune, avec l'accord de ses parents, il s'inscrit en 1878 dans l'atelier d'A.Cabanel à l'Ecole Nationale des Beaux Arts.
Sa première exposition date de 1880 avec une mise au tombeau d'après l'oeuvre de Ribera. Dès 1882, la Société des Beaux Arts de Perpignan organise des expositions pour les jeunes Catalans. De plus en plus, l'artiste excelle dans la peinture de paysages. Il est l'ami intime de Maillol, Violet, Montfreid, Bausil et ils organisent un salon des peintres Roussillonnais en 1902, qui sera renouvelé jusqu'en 1907.
Il meurt en juin 1922 avec Maillol à son chevet, l'unique ami qui resta auprès de lui après la guerre de 1914-1918.

Lien vers le site du Musée Terrus

Le musée archéologique

Créé en 1969, dans la chapelle St Laurent, ce musée présente un choix des richesses archéologiques d'Elne. Le matériel donne un aperçu de l'intense activité développée autour d'Elne du Néololitique au Moyen-Age.

Le musée d'histoire

Dédié à un historien et archéologue illibérien, il renferme manuscrits, archives et mobiliers du Moyen-Age à nos jours. On peut y voir une étude de l'évolution des remparts d'Elne et la collection des recherches effectuées de la ville d'Elne.


Cette page a été réalisée par Nathalie A., Sandra C. (605 & 606) pour le concours Cyberlycées à l'Elysée

 
 

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