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"Un jour, j'ai attrapé un livre, je l'ai ouvert et c'était ça.. Je restai planté un moment en le lisant, comme un homme qui a trouvé de l'or à la décharge publique... Les phrases coulaient si facilement à travers la page, c'était comme un flux. Chaque ligne avait son énergie. La vraie substance des phrases donnait une forme à la page comme si elle était sculptée. Enfin je découvris un homme qui n'avait pas peur de l'émotion. Le début de ce livre me fit l'effet d'un miracle énorme et violent. Le livre était "Demande à la poussière" et l'auteur John Fante. Toute ma vie son influence a illuminé mon travail... Oui, Fante a eu un énorme effet sur moi. Peu de temps aprés avoir lu ses livres, j'ai commencé à vivre avec une femme qui était une plus grande ivrogne que moi, nous avions de grandes bagarres, souvent je lui criais : "Je ne m'appelle pas f... de p.. , je m'appelle Bandini, Arturo Bandini !" Fante était mon dieu." Charles Bukowski |
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Fils d'immigrés italiens, John Fante naît en 1909 dans le Colorado. Comme ses personnages, il est un écrivain qui se cherche, qui va "galérer" et qui ne sera reconnu mondialement qu'après sa mort (du moins en tant qu'écrivain). Il commence à écrire à 20 ans des nouvelles qu'il envoie à plusieurs journaux. Il sera publié pour la première fois dans la revue 'The American Mercury', en 1932. Son premier roman "Attends le printemps Bandini" est publié en 1938. Après bien des déboires, certaines de ses nouvelles seront éditées, comme "demande à la poussiére" mais elles ne connaîtront aucun succès.. Sa rencontre avec Joyce, une étudiante fortunée, éditrice et écrivain, qu'il épouse en juillet 1937 va lui permettre de s'adonner pendant de longs mois à ses deux passions, le golf et le jeu. Il trouve tout de même le temps d'écrire et d'éditer son plus grand succès commercial "Pleins de vie" dont la réussite financière lui permettra d'acquérir une maison à Malibu. Le succès de cette dernière parution lui ouvre les portes d'Hollywood où il devient un scénariste important et reconnu. De 1950 à 1956, John Fante vit sous le règne de l'abondance, il travaille notamment pour la Fox et la MGM et sera nommé aux oscars du meilleur scénario en 1957 pour "Pleins de vie". Durant cette période il part également travailler à Rome et à Naples où se réveille en lui la nostalgie de ses origines italiennes. Aveugle depuis 1978, à la suite de complications liées au diabète, il meurt le 8 mai 1983 à l'âge de 74 ans tout en ayant encore réussi à écrire "Rêve de Bunker Hill" en dictant le livre à sa femme Joyce. Ecrivain relativement tombé dans l'oubli, Charles Bukowski essayera de le faire connaître dans les années 80. |
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Fante, inlassablement, à travers tous ses livres qui constituent une oeuvre attachante et forte, raconte la même histoire : la sienne, où il mêle vérité et mensonge. Dans ses romans le personnage principal Arturo Bandini est toujours le reflet, le double de l'écrivain. Comme son personnage, Fante est un fils d'immigrés italiens d'origine très modeste. Son obsession est de ne plus être, dans l'Amérique fière et conquérante, le "sale petit rital" catholique immigré, mais un véritable Amerloque admis et respecté. Pour cela Arturo Bandini doit devenir écrivain, n'en déplaise à son père qui veut le faire travailler avec lui sur les chantiers. Toute l'oeuvre de John Fante raconte avec simplicité et humour, l'itinéraire de Bandini, gamin, râleur, révolté, désolé d'être le fils d'une mère bigote et soumise, et d'un pére maçon, violent et cavaleur. (Bandini. le vin de la jeunesse) Après les années d'enfance, viendra la jeunesse bohême (Demande à la poussière) passée entre les petits boulots et les amours impossibles... La vie de Bandini, c'est les loyers qu'on ne peut pas payer, les bistrots minables de Los Angelès, mais toujours, aussi, la rage de s'en sortir en écrivant : "J'étais jeune, affamé, ivrogne, essayant d'être un écrivain..." se décrira d'ailleurs Fante, alias Bandini.. A force d'obstination, Arturo Bandini pourra vivre de sa plume. Son père va pourtant continuer à lui demander de l'aide sur les chantiers, considérant qu'il n'a toujours pas de métier véritable. La mort du père, à la fois craint, respecté et aimé sera d'ailleurs le thème central d'un de ses meilleurs romans. (Les compagnons de la grappe ) Mon chien stupide est un ouvrage sensiblement différent, le héros est mur, rangé et mène une vie bourgeoise dans une banlieue de Los Angelès. Seul problème, mais de taille : ses enfants sont des adolescents à problèmes qui multiplient les déboires avec la justice... Le fils de John Fante, Dan, vient récemment de publier son premier roman (les anges n'ont rien dans les poches) où il raconte ses constantes descentes aux enfers, sous l'emprise de la drogue. C'est également un livre hommage au père particulièrement émouvant. John Fante s'est toujours attaché à dépeindre les émotion et les sentiments avec précision, dans un style direct, accessible et terriblement accrocheur. Ces qualités en firent sans doute un des plus grands écrivains américains, même si son oeuvre est peu reconnue. Voici ce que disait de lui Pierre Lepape, journaliste au Monde : "Il suffit de lire une page de Fante pour que l'évidence s'impose : Cette écriture-là est l'une des plus efficaces, des plus neuves aussi, qu'il ait jamais été donné de découvrir. Avec lui, la phrase écrite se débarrasse de la plus légère trace d'amidon, abandonne ses faux cols et ses gilets serrés, cesse de se regarder dans les miroirs pour vérifier avec inquiétude si elle a belle apparence, si elle est correcte, bien équilibrée, joliment attifée..."
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(Les trois premiers ouvrages sont disponibles au CDI) JOHN FANTE Bandini *** Demande à la poussière*** Les compagnons de la grappe*** Pleins de vie* Mon chien stupide** Rêves de Bunker Hill* Le vin de la jeunesse*** La route de Los Angeles* DAN FANTE ( fils) Les anges n'ont rien dans les poches*** |
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